Tarifa pour moi ça a été, d'abord un géant andalou tout sourire aux longs cheveux bouclés qui vient me chercher à l'aéroport de Malaga à 23h qui me cale dans sa camionnette, moi et ma valise, et qui m'annonce qu'on a deux heures de route à faire. Un disque de flamenco à fond et nous voilà partis pour un périple nocturne à travers l'Andalousie durant lequel je reçois une leçon sur le flamenco et ses multiples nuances et variantes ainsi que sur les mythes et légendes populaires de la région. Et... en espagnol s'il vous plaît! Je réponds en italien, ça fonctionne. J'aime les langues latines. Puis c'est les élégantes silhouettes des éoliennes qui se découpent dans le clair de lune inquiétantes et belles. Ensuite c'est la ville minuscule et tout de suite familière dans laquelle malgré des rues étroites et sinueuses on n'échappe pas aux vents: le « levante » (de la méditerranée) et le « poniente » (de l'atlantique) ce qui fait d'elle un temple du kite-surf.
Le Festival de Cine Africano de Tarifa est assez unique dans son genre, outre le fait de faire découvrir le cinéma africain, il contribue à la distribution des films en Espagne grâce à un prix destiné à financer la distribution espagnole du film primé. De plus, et en collaboration avec le festival de San Sebastian et Cine en movimiento ,il contribue à la visibilité des films africains en Amérique Latine grâce à un programme de projections itinérantes. En plus des différentes expositions, rencontres, projections pour enfants et débats organisés autour des films. Un vrai travail d’actions culturelles à en faire pâlir Jean Villard. Par exemple cette année, un jury composé de collégiens espagnols, marocains, tunisiens et italiens, a été chargé de remettre un prix spécial des jeunes à l'un des courts métrages de la compétition.
Voilà de quoi exorciser le souvenir de « Geste de Guzman ». Guzman el Bueno, gouverneur de la place qui préféra sacrifier son fils avec sa propre dague plutôt que d'obtempérer aux injonctions des troupes arabes massées devant Tarifa.
Mais le festival de Tarifa c'est surtout de beaux films et une super équipe: Mane Cisneros Manrique, Nanou Loum, et l'adorable Marion Berger ; les trois drôles de dames du festival. Et tous les autres, bénévoles pour la plupart, qui se démènent pour que ce festival existe.
Mon premier prix d'interprétation: premio mejor interpretacion femenina por su interpretación en la película La ternura del lobo. Dit en espagnol c'est encore plus la classe.
Merci pour tout et un gros bisou à toutes les tarifeña et tous les tarifenio d'origine et d'adoption.